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Crash de Kenge : Les deux jets Embraer des FARDC présentés par Guy Kabombo ont-ils jamais existé ?

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Le drame de Kenge relance une question restée sans réponse depuis plus d'un an : qu'est-il advenu des deux avions de type Embraer ER-145 que le ministre de la Défense avait solennellement annoncés comme acquis au profit des FARDC ?

Le 15 juin 2025, la scène avait tout d'une grande annonce. Devant la presse nationale et internationale, le Vice-premier Ministre et Ministre de la Défense Nationale, Guy Kabombo Mwandiavita, proclamait l'entrée des FARDC dans une nouvelle ère de mobilité opérationnelle. Deux jets privés de type Embraer ER-145, disait-il, venaient d'être acquis et affectés à l'armée pour le transport de ses officiers supérieurs et de leurs délégations. Le contexte, il est vrai, l'exigeait : la guerre faisait rage dans l'Est, et les commandants avaient besoin de se déplacer vite, loin et sûrement.

Un an et trois mois plus tard, le constat s'impose de lui-même. Aucune cérémonie de mise en service. Aucune apparition publique. Aucune immatriculation connue. Aucun journal de vol. Rien. Puis vint Kenge.

Le drame qui change tout

Le 25 septembre 2026, une délégation de hauts gradés des FARDC, parmi lesquels le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, et l'auditeur général, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, embarque à bord d'un appareil que l'opinion décrira unanimement comme vétuste. Un avion qualifié de "cercueil volant". L'appareil s'écrase à l'atterrissage à Kenge, dans le Kwilu. Dix-sept morts, dont un nourrisson. Des corps calcinés, impossibles à identifier sans analyses.

La question n'a pas tardé à surgir, brutale : comment une armée censée disposer de deux jets récents, acquis précisément pour ce type de mission, en est-elle arrivée à faire voler ses plus hauts responsables dans un appareil en fin de vie ?

Trois hypothèses, aucune réponse officielle

La première serait celle de l'usure administrative : les Embraer existeraient bel et bien, mais seraient cloués au sol, faute de maintenance, de pièces ou de budget de carburant. Une armée pauvre avec des avions riches, en quelque sorte.

La deuxième serait celle du détournement d'usage : les appareils auraient été réaffectés à d'autres fins que celles annoncées, échappant au patrimoine opérationnel des FARDC.

La troisième, la plus dérangeante, serait celle de l'annonce sans lendemain. Une opération de communication, comme le pays en a connu tant, où l'acquisition n'a jamais dépassé le stade du communiqué. À ce jour, aucune de ces hypothèses n'a été confirmée ni infirmée par le ministère de la Défense.

Ce que l'opinion est en droit d'exiger

La gestion des équipements militaires ne relève pas du secret d'État. Elle relève de la redevabilité. Le ministère de la Défense doit au pays des réponses précises et vérifiables : les immatriculations des deux appareils, leur localisation actuelle, leur état de navigabilité, et le relevé de leurs vols depuis leur prétendue acquisition.

L'armée congolaise ne mérite pas des promesses. Elle mérite des moyens traçables, visibles, opérationnels. Elle mérite que les ressources destinées à protéger ses cadres ne s'évaporent pas dans les sables d'une communication sans suite. Les flammes de Kenge sont éteintes. La lumière, elle, n'a toujours pas été faite.

La Rédaction

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