Alors que l'épidémie continue de progresser dans le pays, la Task Force présidentielle signale des signaux encourageants, notamment dans la Tshopo.
La lutte contre l'épidémie en République démocratique du Congo connaît une évolution à double tranchant. Selon le rapport de la Task Force présidentielle publié le 13 octobre, le pays enregistre 33 guérisons en l'espace de 24 heures, un motif de satisfaction pour les équipes de riposte. Mieux encore : aucune nouvelle infection n'a été notifiée dans quatre provinces, dont la Tshopo, signe que les efforts de containment commencent à porter leurs fruits dans certaines zones.
Ces données encourageantes ne doivent toutefois pas masquer l'ampleur de la crise. Le pays compte à ce jour 9 066 cas confirmés et 4 381 décès depuis le début de la flambée, soit une létalité cumulée de 48,3 %, l'une des plus élevées jamais enregistrées. Sept provinces sont touchées, ce qui représente 65 des 167 zones de santé du territoire. L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, concentrant à elle seule 73,8 % des cas.
Une transmission qui ne faiblit pas
Les chiffres du 11 octobre illustrent la persistance de la circulation du virus : 88 nouveaux cas ont été notifiés, contre 64 la veille, marquant une hausse préoccupante. Plus alarmant encore, 37 décès communautaires ont été rapportés, contre 13 la veille. Cette progression des décès survenus en dehors des structures de santé révèle une réalité cruelle : de nombreux patients n'atteignent pas les centres de traitement à temps, que ce soit par manque d'information, de moyens de transport ou de confiance envers le système sanitaire.
Actuellement, 895 patients sont pris en charge dans les structures de soins du pays. Un chiffre qui témoigne de la pression continue sur les capacités hospitalières, mais aussi de la mobilisation des équipes médicales.
Le suivi des contacts, maillon faible de la riposte
Malgré ces signaux positifs, la riposte reste entravée par un obstacle majeur : le suivi des contacts, qui stagne à 79,5 %, très loin du seuil de 95 % requis pour espérer contrôler l'épidémie. Sans un traçage rigoureux et exhaustif, chaque cas non identifié peut devenir une chaîne de transmission invisible, compromettant les gains obtenus ailleurs.
Les autorités sanitaires appellent donc à un renforcement de la surveillance épidémiologique et à une meilleure sensibilisation des communautés, notamment dans les zones reculées où l'accès aux soins demeure un défi quotidien. Les 33 guérisons enregistrées en 24 heures et l'absence de nouveaux cas dans quatre provinces, dont la Tshopo, démontrent que la lutte n'est pas vaine. Mais elles rappellent aussi que la vigilance doit rester de mise pour transformer ces victoires locales en une tendance durable.
La Rédaction