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Création du FRN à Goma : Fayulu prêt à quitter la C64, l’initiative insurrectionnelle de Kabila divise la coalition à Kinshasa

katumbi

 


La Coalition Article 64 (C64) traverse sa crise interne la plus grave depuis sa création. En cause : l’initiative de Joseph Kabila, désormais à la tête d’un mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN), qui fracture l’opposition congolaise entre défenseurs d’une lutte strictement institutionnelle et partisans d’une analyse plus radicale.

Martin Fayulu et l’ECiDé veulent condamner la rébellion du FRN, conduite par Joseph Kabila, mais Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund refusent de condamner cette initiative insurrectionnelle. Fayulu rejette la lutte armée et défend l’accès au pouvoir par les urnes. Par le passé, il contestait déjà l’idée de rejoindre la plateforme « Sauvons la RDC » de Joseph Kabila. Il affirmait que rejoindre « Sauvons la RDC » reviendrait à « quitter le paradis pour l’enfer ».

Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga adoptent cependant une position différente. Sans soutenir le régime en place ni appeler explicitement à l’insurrection, ils estiment que la frustration née de la gouvernance de Tshisekedi explique le recours aux armes dans certaines franges de l’opposition. De son côté, Kabund affirme que la guerre n’est pas la cause de la crise congolaise, mais qu’elle en est « la conséquence la plus tragique ».

L’entrée officielle de Kabila dans la rébellion armée place la C64 face à un dilemme : maintenir un front commun contre Tshisekedi ou rejeter toute proximité avec une option insurrectionnelle. Pour Fayulu et l’ECiDé, cette proximité est une ligne rouge. Pour d’autres, elle pourrait renforcer le front anti-Tshisekedi.

La C64, censée incarner une alternative crédible, apparaît aujourd’hui comme une arène de rivalités. La question est désormais de savoir si Martin Fayulu va claquer la porte. Sans officialisation, sa volonté de maintenir une ligne institutionnelle laisse craindre une rupture proche. Entre refus de la lutte armée et divergences sur Kabila, la coalition pourrait ne pas sortir indemne de cette impasse. Les quatre leaders ont du mal à accorder leurs violons sur le cas Kabila.


La Rédaction

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