L'épouse du président Félix Tshisekedi dit avoir été surprise par les perquisitions menées mercredi 14 octobre dans le cadre d'une enquête pour blanchiment. Par l'intermédiaire de ses avocats, elle rejette fermement les accusations et affirme qu'elle coopérera pleinement avec la justice belge.
Denise Nyakeru Nkana, épouse du président de la RDC, a réagi par la voix de ses conseils après les perquisitions visant plusieurs adresses liées à la famille présidentielle en Belgique. Dans un communiqué, la première dame se dit « surprise » par ces opérations et réaffirme sa « volonté de collaborer pleinement » avec les autorités judiciaires belges. Une position qui traduit sa stratégie juridique : démontrer sa bonne foi sans reconnaître le bien-fondé des soupçons.
Menées mercredi 14 octobre par la police belge à Bruxelles et dans plusieurs communes du Brabant flamand et wallon, les opérations ont visé des adresses liées à la famille du chef de l'État congolais. Selon plusieurs médias belges, une villa située à Uccle (quartier Fond'Roy), louée au nom de Denise Nyakeru pour environ 20 000 euros par mois, figure parmi les lieux perquisitionnés. Le propriétaire serait Robert Levy, fondateur de la Trust Merchant Bank. Le parquet fédéral belge a confirmé les perquisitions, sans communiquer l'identité des personnes visées, au nom du secret de l'instruction et de la présomption d'innocence.
L'origine de l'enquête
L'instruction fait suite à des plaintes déposées en juillet 2025 auprès du parquet fédéral belge par des ONG du Katanga et quatre anciens dirigeants de la Gécamines, la société minière nationale congolaise, via les avocats bruxellois Bernard et Brieuc Maingain. Les plaignants soupçonnent neuf proches du chef de l'État d'être impliqués dans des contrats de sous-traitance liés aux résidus miniers du Lualaba et du Haut-Katanga, évoquant corruption, détournement de fonds publics et blanchiment. Parmi les personnes citées figureraient la première dame, des sœurs, un fils, un frère et un neveu du président. Me Bernard Maingain a exprimé, via les réseaux sociaux, sa « confiance » dans le travail des enquêteurs.
Aucune culpabilité établie
Le président Félix Tshisekedi ne serait pas directement visé, selon RFI, son immunité de chef d'État le protégeant de poursuites directes. La présidence congolaise n'a pas réagi officiellement. Le parquet fédéral rappelle que les perquisitions constituent une étape de l'enquête et non une preuve de culpabilité : à ce jour, aucune inculpation ni arrestation n'a été annoncée, et la présomption d'innocence s'applique à toutes les personnes visées.
Un contexte politiquement sensible
L'affaire survient alors que le président Tshisekedi fait face à des pressions politiques internes. Certains observateurs estiment qu'elle pourrait avoir des répercussions au-delà du cadre judiciaire. Dans les milieux politiques congolais, des voix mettent en cause les liens supposés entre les avocats des plaignants et le Rwanda, évoquant une possible instrumentalisation politique. Ces allégations n'ont toutefois pas été confirmées par des sources indépendantes.
La Rédaction