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Dossier 1,4 million USD non payé de Gradi Multiservices au Lualaba : la société envisage désormais la voie judiciaire

Samedi 7 novembre 2026 4 min de lecture
Fifi

 

Une délégation de la société Gradi Multiservices a été reçue le 26 octobre 2026 au gouvernorat du Lualaba par le directeur de cabinet de la gouverneure Fifi Masuka, M. Kuboya. Selon une note technique présentée comme un compte rendu de mission, le dossier de créance de l’entreprise, qui affirme avoir exécuté des prestations pour le gouvernement provincial sans être payée, a été examiné. Le Dircab aurait reconnu la cohérence apparente des pièces, tout en évoquant un paiement déjà effectué et un partage des fonds. Aucun règlement n’a suivi. La société envisage désormais la justice.

La rencontre s’est tenue à Kolwezi. La délégation était composée de M. Junior Kabemba, consultant, et de M. Daniel, directeur général de Gradi Multiservices. À leur arrivée au gouvernorat provincial, ils ont appris que la gouverneure, Mme Fifi Masuka, était retenue par un agenda chargé, en raison de la présence d’une commission sur place. Elle aurait alors instruit son directeur de cabinet, M. Kuboya, de les recevoir en son nom.

Au cours de l’entretien, M. Junior Kabemba a expliqué l’objet de la mission : le suivi du dossier de la société Gradi Multiservices, laquelle aurait conclu un contrat avec le gouvernement provincial et dont les prestations exécutées demeureraient impayées. Le directeur général, M. Daniel, a présenté les différentes pièces justificatives et documents administratifs relatifs à cette créance.

Après examen, M. Kuboya aurait reconnu la cohérence apparente des pièces présentées et n’aurait formulé aucune objection particulière quant à leur régularité. Un élément a toutefois marqué les échanges : le Dircab se serait étonné que la délégation détienne certains documents internes et confidentiels, notamment la note technique et le bon d’engagement.

Selon le compte rendu, M. Kuboya aurait ensuite affirmé que le dossier avait déjà été payé au niveau des circuits concernés et que les fonds auraient été partagés entre certaines personnalités, sans parvenir à la société bénéficiaire. Il se serait néanmoins réservé le droit de communiquer les noms des personnalités impliquées dans ce partage. Ces déclarations, rapportées dans la note, ont surpris la délégation. Si elles étaient confirmées, elles laisseraient apparaître une possible irrégularité grave dans le circuit de paiement des fonds destinés à la société.

Le Dircab aurait également tenu des propos particulièrement fermes à l’endroit du directeur général : « N’eût été votre démarche et les circonstances dans lesquelles vous avez été reçus, je vous aurais fait sortir de mon bureau. »

Malgré cette tension, M. Kuboya a manifesté sa volonté de s’impliquer personnellement afin de rechercher un mécanisme susceptible de permettre le règlement de la créance. Il aurait indiqué qu’il allait échanger avec la gouverneure pour lui faire rapport et examiner les possibilités d’une issue favorable. Toutefois, aucune garantie formelle ni aucun calendrier précis de paiement n’ont été communiqués.

Lorsque M. Junior Kabemba a exprimé son intention de rendre compte de la mission à sa hiérarchie, conformément aux responsabilités liées au suivi du dossier, le Dircab lui aurait demandé de patienter et de ne pas transmettre immédiatement son rapport, souhaitant d’abord échanger avec la gouverneure.

À l’issue de la rencontre, M. Kuboya a remis personnellement deux cartes de visite à M. Junior Kabemba afin de faciliter les échanges ultérieurs. Il a également demandé que lui soient transmis, par voie électronique, la note technique, les documents internes ainsi que le bon d’engagement et les autres pièces justificatives. L’intéressé aurait effectivement accusé réception de ces documents, ce qui permettrait d’établir la réalité de leur transmission.

Environ quarante-huit heures après cette rencontre, M. Junior Kabemba, appelé à regagner Kinshasa, a entrepris de poursuivre les échanges à distance afin de s’enquérir de l’évolution de la situation. Les réponses obtenues auprès du Dircab seraient toutefois restées générales, sans précision sur les démarches effectivement entreprises ni sur les modalités concrètes d’un éventuel paiement de ce montant de 1,4 million USD lié au préfinancement des travaux de réhabilitation d'une route dans la province. Les mêmes assurances auraient été répétées, notamment quant à la possibilité de réexaminer le dossier, sans qu’aucune suite tangible ne soit communiquée.

Face à cette absence d’évolution, malgré les engagements verbaux initialement pris et les documents complémentaires transmis à sa demande, la délégation a finalement pris acte du manque de concrétisation des promesses formulées. Le dossier serait ainsi resté pendant, sans règlement effectif de la créance de Gradi Multiservices.

Au regard de ces éléments et de l’absence de résultats concrets malgré les démarches amiables, il a été décidé d’envisager la voie judiciaire afin que la société Gradi Multiservices puisse faire valoir ses droits et obtenir le rétablissement dans ses droits légitimes, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Les informations contenues dans cet article reposent sur une note technique présentée comme le compte rendu de cette mission. Elles n’ont pas été confirmées par une source officielle du gouvernorat du Lualaba. Les accusations de partage de fonds et les propos attribués à M. Kuboya restent, à ce stade, des allégations.

La Rédaction