Une délégation de haut niveau de l'Union africaine, composée de Uhuru Kenyatta, Mokgweetsi Masisi et Sahle-Work Zewde, a rencontré ce lundi 5 octobre la haute hiérarchie de l'AFC/M23 à Goma, dans le cadre du processus de paix dans l'Est de la République démocratique du Congo.
La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, a été le théâtre d'une rencontre diplomatique majeure. Une délégation du Panel des facilitateurs de l'Union africaine (UA), conduite par l'ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l'ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi et l'ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, a été reçue par la hiérarchie de l'AFC/M23.
Cette réunion de haut niveau, qui s'est tenue à huis clos, s'inscrit dans le cadre des efforts régionaux visant à relancer le processus de paix dans l'Est de la RDC, une région en proie à un conflit armé depuis près de trois décennies.
Selon des sources proches du dossier, les échanges ont porté sur les modalités d'un cessez-le-feu durable, la reprise du dialogue politique et les conditions d'une désescalade militaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La délégation de l'UA aurait insisté sur la nécessité d'une cessation immédiate des hostilités et sur l'ouverture de corridors humanitaires pour venir en aide aux populations civiles, durement éprouvées par les affrontements.
La présence simultanée de trois anciens chefs d'État et d'une ancienne directrice générale de l'Office des Nations unies à Nairobi (UNON) témoigne de la volonté de l'Union africaine de donner un nouveau souffle à une médiation jusqu'ici fragmentée. Uhuru Kenyatta, facilitateur désigné par la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) pour le processus de Nairobi, joue un rôle central dans cette dynamique. Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, apporte quant à lui une expertise reconnue dans la gestion des crises régionales. Sahle-Work Zewde, figure respectée du continent, incarne la dimension multilatérale et humanitaire de cette démarche.
Cette rencontre intervient alors que la situation sécuritaire demeure volatile dans l'Est de la RDC. Les récents combats ont provoqué des déplacements massifs de populations, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les organisations internationales estiment à plus de 1,5 million le nombre de déplacés dans la seule province du Nord-Kivu.
La Rédaction