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RDC : liberté d’expression en péril, les communicateurs de l’opposition lancent un boycott des plateaux télé

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Les communicateurs de l’opposition congolaise ont décidé de boycotter les interventions médiatiques, notamment les passages sur les plateaux de télévision, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme un traitement inégal entre les acteurs politiques de l’opposition et ceux de l’Union sacrée de la nation, la plateforme au pouvoir.

À travers cette démarche, ils entendent attirer l’attention de la communauté internationale et des représentations diplomatiques accréditées en République démocratique du Congo sur ce qu’ils qualifient de recul de la liberté d’expression et de la démocratie sous le pouvoir de Félix Tshisekedi.

Les communicateurs de l’opposition accusent le pouvoir de laisser une marge de manœuvre aux intervenants proches de la majorité, qui tiendraient des propos incendiaires sans être inquiétés par les autorités. À l’inverse, ils estiment que des déclarations similaires provenant de l’opposition entraîneraient des interpellations, voire des arrestations qu’ils jugent arbitraires.

Fils Mukoko, Joël Kitenge et Yves Abdallah cités en exemple

Pour illustrer ce qu’ils dénoncent comme un traitement à deux vitesses, les opposants évoquent notamment les prises de parole de Fils Mukoko, de Joël Kitenge et d’Yves Abdallah, intervenant notamment dans des émissions animées par Jean-Marie Kassamba.

Ils leur reprochent des déclarations qu’ils considèrent comme incendiaires ou menaçantes, tout en dénonçant l’absence de mesures à leur encontre. Ces accusations s’inscrivent dans un débat plus large sur la responsabilité des acteurs politiques et des communicateurs dans le climat politique congolais.

Le cas de Fils Mukoko a notamment suscité des réactions après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle il aurait menacé des ressortissants occidentaux vivant à Kinshasa. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a annoncé, le 21 octobre 2026, un embargo médiatique de 88 jours à son encontre et l’a convoqué pour audition.

Un boycott pour dénoncer les inégalités de traitement

En choisissant de se retirer des plateaux télévisés et des interventions médiatiques, les communicateurs de l’opposition entendent faire de leur absence un moyen de protestation. Leur objectif est de dénoncer publiquement ce qu’ils perçoivent comme une restriction de leur liberté d’expression et une inégalité de traitement dans l’espace médiatique.

Cette stratégie vise également à interpeller les ambassades et les partenaires internationaux sur les conditions d’exercice du débat politique en RDC.

Toutefois, les accusations de traitement différencié formulées par les communicateurs de l’opposition nécessitent d’être confrontées aux faits, notamment aux mesures effectivement prises par les autorités à l’égard des intervenants des différentes tendances politiques.

Au-delà du boycott annoncé, cette initiative relance le débat sur la liberté d’expression, l’indépendance des médias et l’égalité de traitement des acteurs politiques en République démocratique du Congo, à un moment où les tensions entre le pouvoir et l’opposition restent vives.

L’efficacité de cette démarche dépendra notamment de sa capacité à mobiliser les acteurs concernés et à susciter une réponse des autorités sur les accusations de deux poids, deux mesures.


RTD

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