Les propos de Félix Tshisekedi sur la Constitution continuent de susciter des réactions dans la classe politique et au sein de la société civile. Devant les parlementaires de l’Union sacrée, samedi 24 octobre à la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État a déclaré : « Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez », tout en estimant que sa modification relevait de la responsabilité des élus.
Une déclaration à laquelle Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a vivement réagi.
Pour lui, la Constitution n’est pas une question d’affection personnelle, mais une norme à laquelle les dirigeants doivent se conformer, particulièrement lorsque leur pouvoir en découle.
« Une constitution, on n’est pas appelé à l’aimer mais à s’y soumettre, surtout quand le pouvoir qu’on exerce découle d’elle », a-t-il écrit.
Jean-Claude Katende estime ainsi qu’il serait contradictoire de vouloir conserver les avantages liés à la fonction présidentielle tout en rejetant la Constitution qui fonde cette fonction.
« Aimer la position de Président de la République, et chercher à s’y accrocher, mais ne pas aimer la source (la Constitution) qui vous l’a donnée est tout simplement une escroquerie politique », a-t-il dénoncé.
L’activiste des droits de l’homme redoute par ailleurs que cette approche n’ouvre la voie à une logique où la force primerait sur le droit.
« Un tel argument montre qu’on va vers la jungle où le plus fort impose sa logique, même quand elle ne tient pas la route », a-t-il ajouté, avant de conclure : « Totalement regrettable. »
Cette réaction intervient alors que le débat sur la révision ou le changement de la Constitution s’intensifie en RDC, notamment après l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi encadrant l’organisation du référendum. L’opposition et plusieurs acteurs de la société civile y voient un risque de remise en cause des équilibres constitutionnels.
RTD